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Analyses

Tics de langage et crédibilité : pourquoi personne ne se souvient de l'orateur brillant

Les tics de langage ne t'enlèvent pas ton intelligence. Ils t'enlèvent l'emphase, la pause et la mémorabilité. Quatre erreurs, un seuil honnête et un exercice de deux minutes pour ce soir.

Cet article explique ce que les tics de langage coûtent réellement et démonte les chiffres qui les accompagnent d'ordinaire. Il affirme clairement que personne n'a mesuré l'idée très répandue selon laquelle chaque « euh » coûterait 47 % de l'autorité perçue, et qu'il n'existe aucune norme internationale de tics par minute : si quelqu'un cite un seuil de 0,8 % pour les dirigeants, demandez-lui l'étude. Ce que les tics enlèvent, selon l'auteur, ce n'est ni l'intelligence ni la préparation, mais trois choses plus petites et plus coûteuses : l'emphase, la pause et la mémorabilité. Or sans mémorabilité il n'y a pas de décision, car on valide ce qu'on peut répéter à quelqu'un d'autre le lendemain. Le mécanisme : les tics naissent de la peur de perdre son tour de parole, pas de l'ignorance ; ce tour se tient avec le regard, pas avec la gorge. Quatre erreurs, chacune avec sa prescription et son mécanisme : couvrir le silence (« euh »), fermer la bouche et compter jusqu'à un ; penser à voix haute (« genre », « en fait », « du coup »), écrire mot à mot la première phrase de chaque bloc ; demander la permission (« non ? », « tu vois ? »), remplacer la question par deux secondes de regard ; et adoucir sa propre recommandation (« je pense qu'on pourrait peut-être… »), une phrase par réunion commençant par « ma recommandation est ». Le seuil de travail de l'auteur, présenté explicitement comme un jugement et non comme une science : un ou deux tics à la minute sont invisibles, trois ou quatre s'entendent, cinq ou plus et la salle cesse d'entendre ce que vous dites pour entendre comment vous le dites. L'article se termine par un exercice d'enregistrement de deux minutes pour établir votre point de départ.
7 min de lecture
Mis à jour: 1 août 2026
Filler WordsVocal CredibilityExecutive SpeechCommunication Training
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Cet article explique ce que les tics de langage coûtent réellement et démonte les chiffres qui les accompagnent d'ordinaire. Il affirme clairement que personne n'a mesuré l'idée très répandue selon laquelle chaque « euh » coûterait 47 % de l'autorité perçue, et qu'il n'existe aucune norme internationale de tics par minute : si quelqu'un cite un seuil de 0,8 % pour les dirigeants, demandez-lui l'étude. Ce que les tics enlèvent, selon l'auteur, ce n'est ni l'intelligence ni la préparation, mais trois choses plus petites et plus coûteuses : l'emphase, la pause et la mémorabilité. Or sans mémorabilité il n'y a pas de décision, car on valide ce qu'on peut répéter à quelqu'un d'autre le lendemain. Le mécanisme : les tics naissent de la peur de perdre son tour de parole, pas de l'ignorance ; ce tour se tient avec le regard, pas avec la gorge. Quatre erreurs, chacune avec sa prescription et son mécanisme : couvrir le silence (« euh »), fermer la bouche et compter jusqu'à un ; penser à voix haute (« genre », « en fait », « du coup »), écrire mot à mot la première phrase de chaque bloc ; demander la permission (« non ? », « tu vois ? »), remplacer la question par deux secondes de regard ; et adoucir sa propre recommandation (« je pense qu'on pourrait peut-être… »), une phrase par réunion commençant par « ma recommandation est ». Le seuil de travail de l'auteur, présenté explicitement comme un jugement et non comme une science : un ou deux tics à la minute sont invisibles, trois ou quatre s'entendent, cinq ou plus et la salle cesse d'entendre ce que vous dites pour entendre comment vous le dites. L'article se termine par un exercice d'enregistrement de deux minutes pour établir votre point de départ.

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Questions This Article Answers

  • 1Les tics de langage détruisent-ils vraiment la crédibilité d'un dirigeant ?
  • 2Est-il vrai qu'un « euh » réduit votre autorité de 47 % ?
  • 3Combien de tics de langage par minute est-ce trop ?
  • 4Comment arrêter de dire « non ? » à la fin de chaque phrase ?
  • 5Comment mesurer ses propres tics de langage ?

Tics de langage et crédibilité : pourquoi personne ne se souvient de l'orateur brillant

Il y a quelques années, j'ai donné une conférence que je trouvais parfaite. Quatre-vingts personnes, un sujet que je maîtrise par cœur, une longue salve d'applaudissements à la fin. Je suis sorti en lévitation.

À la porte, une dame m'attendait, le programme à la main.

— Agustín, j'ai adoré. Surtout ce que vous avez dit sur… euh… enfin… le truc du début, non ?

Et moi, planté là : le truc du début ?

Elle ne s'en souvenait pas. Pas une idée. Pas une phrase. Elle se souvenait de l'énergie, et de rien d'autre.

Ce soir-là, à l'hôtel, j'ai fait ce que je fais toujours quand quelque chose me pique : j'ai transformé le problème en chiffre. J'ai réécouté l'enregistrement avec un carnet à côté et j'ai compté. Trente-huit o sea — le cousin espagnol de « en fait » — en onze minutes. Dix-neuf « non ? ». Et un raclement de gorge chaque fois que je changeais d'idée, comme celui qui frappe avant d'entrer dans la chambre d'un autre.

Je n'avais pas un problème de contenu. J'avais un problème de bruit.

Ce que le tic te retire (et ce qu'il ne te retire pas)

Avant d'aller plus loin, débarrassons-nous du terrorisme statistique. Tu as sans doute lu quelque part que chaque « euh » te fait perdre 47 % de ton autorité. Personne n'a mesuré ça. Et si c'était vrai, deux tics te laisseraient à 28 % de toi-même et quatre feraient de toi un fantôme sur scène. Les chiffres inventés sont du bruit, eux aussi.

Je te dis ce que je vois vraiment, et je le vois depuis plus de dix ans dans des salles de cours, sur des scènes et dans des conseils d'administration.

Le tic ne te retire pas ton intelligence. Il ne te retire pas ta préparation. Il ne te retire pas ton envie.

Il te retire trois choses plus petites et bien plus chères : l'emphase, la pause et le souvenir.

Et sans souvenir, pas de décision. Personne n'approuve un budget à cause de ce qu'il a ressenti dans la salle ; il l'approuve à cause de ce qu'il pourra répéter demain à un collègue dans un couloir. Si ta phrase importante arrive emballée dans trois « en fait », ta phrase importante ne sort pas de la salle.

C'est là que j'ai appris que bien parler ne consiste pas à ajouter. Ça consiste à retirer.

Le mécanisme : tu parles avec le frein à main

Le tic ne naît presque jamais de l'ignorance. Il naît de la panique de perdre ton tour de parole.

Ta tête court une demi-seconde devant ta bouche. Dans cette demi-seconde, tu dois choisir le mot suivant et, pendant que tu le choisis, il te vient à l'esprit que quelqu'un pourrait te couper. Alors tu fais du bruit pour garder ta place. Comme celui qui pose sa serviette sur le transat à sept heures du matin.

Ce bruit, c'est le frein à main. La voiture avance, oui, mais ça sent le brûlé et tu arrives en retard partout.

Garde ton tour avec le regard, pas avec la gorge. Plus tu crains le silence, plus tu fais de bruit ; plus tu fais de bruit, moins chacun de tes mots pèse.

Erreur n° 1 : Boucher le silence

Les suspects habituels : « euh », « hum », « bah », « alors… ».

Ils ne veulent rien dire. C'est le son d'un moteur au point mort. Ils apparaissent surtout à deux endroits : au démarrage d'une idée nouvelle, et juste après une question gênante.

Prescription : ferme la bouche et compte jusqu'à un. Une seconde entière de silence.

Mécanisme : l'oreille de celui qui écoute lit le silence comme une décision et le « euh » comme une recherche. Même phrase, même information : le propriétaire change selon ce que tu mets dans le trou.

Erreur n° 2 : Penser à voix haute

C'est ici que vivent les tics les plus français qui soient : « en fait », « du coup », « genre », « voilà », « disons », « on va dire ».

Ceux-là ne sont pas des sons : ce sont des réécritures. Tu dis quelque chose, ça ne te convainc pas tout à fait, et tu le redis avec d'autres mots devant la personne qui est en train de t'évaluer. Tu montres le brouillon et la version finale en même temps.

Prescription : prépare la première phrase de chaque bloc, mot pour mot. Seulement la première.

Mécanisme : presque toutes tes réécritures tombent sur les démarrages, parce que c'est le moment où tu ne sais pas encore comment tu vas le dire. Si le démarrage est verrouillé, le reste sort propre derrière, comme un train qui a déjà pris sa voie.

— Attends, Agustín ! Et si j'ai un trou en plein milieu de la pause ?

Tu auras un trou de toute façon, mais en silence. Et un trou silencieux ne se voit pas : on dirait que tu réfléchis. Ce qui est exactement ce que tu fais.

Erreur n° 3 : Demander la permission

« Non ? », « tu vois ? », « d'accord ? », « je me fais comprendre ? », « ça marche ? ».

Cette famille est la plus chère de toutes, et presque personne ne l'entend chez soi. Moi, il m'a fallu des années. Accrocher un « non ? » à la fin de chaque phrase, c'est demander à la salle de contresigner ton idée avant même de l'avoir défendue.

Prescription : remplace la question par deux secondes de regard adressées à une seule personne.

Mécanisme : diriger, c'est donner de la certitude, pas en demander. Le regard t'apporte exactement ce que tu cherchais — la preuve qu'on te suit — sans céder l'autorité de la phrase.

Et l'erreur que presque personne ne voit : Erreur n° 4 : Adoucir ta propre recommandation

« Je pense qu'on pourrait peut-être envisager d'étudier un peu la possibilité de… ».

Je compte six coussins en onze mots. Ce n'est plus un tic de son : c'est un tic d'engagement. Et dans un comité de direction, il fait plus de dégâts que vingt « euh », parce que le « euh » gêne, tandis que celui-ci te contredit.

Prescription : une phrase par réunion qui commence par « Ma recommandation est ».

Mécanisme : le comité ne te demande pas un avis, il te demande une direction. Tu pourras nuancer autant que tu veux ensuite : la nuance derrière la recommandation, c'est de la rigueur ; devant, c'est de la peur.

Le seuil avec lequel je travaille

Il n'existe aucune norme internationale de tics par minute. Si quelqu'un te dit que le standard du comité exécutif est de 0,8 %, demande-lui l'étude. Il ne te la montrera pas.

Ce que j'ai, moi, c'est un mètre bien à moi, fabriqué avec beaucoup d'heures passées à écouter les enregistrements des autres, un carnet à côté. Je te le prête avec son étiquette artisanale encore dessus :

  • Un ou deux à la minute : invisibles. Tu sonnes comme un être humain.
  • Trois ou quatre : on les entend. On t'écoute encore, toi.
  • Cinq ou plus : la salle cesse d'entendre CE que tu dis et commence à entendre comment tu le dis.

Cette frontière — le moment où le comment mange le quoi — est la seule qui m'intéresse. Ce n'est pas de la science. C'est du jugement. Utilise-la comme un thermomètre, jamais comme une sentence.

Cinq étapes pour nettoyer ta voix

  1. Mesure avant d'avoir un avis. Personne ne sait combien il en dit. Je croyais dire trois o sea. J'en disais trente-huit.
  2. Choisis-en UN. Le plus fréquent. En chasser cinq à la fois ne marche pas : tu deviens muet et tu reviens pire.
  3. Remplace-le par une pause d'une seconde. Ne l'élimine pas : échange-le. Le cerveau n'efface pas les habitudes, il les remplace.
  4. Blinde tes démarrages. Première phrase de chaque bloc, écrite et répétée. C'est là que le bruit s'accumule.
  5. Répète fatigué. À onze heures du soir, après la salle de sport, en vitesse. Sous stress, le tic revient — et le jour du conseil, tu seras sous stress.

Et un avertissement honnête : je dis encore o sea quand je m'emballe. La différence, c'est que maintenant je l'entends pendant qu'il sort de ma bouche. C'est déjà la moitié de la bataille.

Ton exercice d'aujourd'hui, avant vingt-deux heures

Prends ton téléphone. Enregistre-toi deux minutes sur ce que tu prépares cette semaine. Deux, pas dix.

Réécoute avec un carnet et fais un bâton à chaque tic. Additionne. Divise par deux.

Ce nombre est ta ligne de départ. Ce n'est pas une note, ce n'est pas un jugement, ce n'est pas ta valeur professionnelle : c'est un nombre, et les nombres bougent.

Recommence vendredi avec deux autres minutes. S'il a baissé d'un point, tu sais déjà comment ça marche.

Clôture

Tu as le contenu. Tu as l'expérience. Tu as la voix.

La seule chose en trop, c'est le bruit.

Le silence n'est pas un trou à boucher : c'est un soulignement.

Le choix est à toi et à personne d'autre. Tu peux passer encore vingt ans à dire « euh » en te demandant pourquoi tes idées ne pèsent pas ce qu'elles valent, ou tu peux commencer à compter ce soir avec un carnet à deux euros.

Si tu préfères qu'une machine compte à ta place, enregistre deux minutes sur Mi.Coach et regarde à quelle minute ils s'accumulent.

Parle moins. Dis plus. Et fais de ce monde un monde meilleur.


Dr. Agustín Rosa Auteur de Cállate : Los Errores del Orador · Fondateur de Mi.Coach

Dr. Agustín Rosa - CEO et fondateur

Dr. Agustín Rosa

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